Pôle Militantisme

Lutter contre les LGBTphobies

En France, les étudiant.e.s LGBTQI+ vivent des discriminations et des stigmatisations au quotidien. Selon notre Baromètre des LGBTphobies dans l’enseignement supérieur, 1 étudiant.e.s sur 4 serait victime de LGBTphobie. Le Caélif soutient de nombreux mouvements, associations et collectifs, qui permettent la visibilisation de ces problématiques graves, et qui luttent à favoriser l’accès égal aux droits pour les étudiant.e.s LGBTQI+. 

L’objectif premier du Caélif est donc d’assurer à l’ensemble des étudiant.e.s LGBTQI+ un environnement de travail et de sociabilité safe et inclusif. Cependant, il est inimaginable de poursuivre cet objectif sans prendre en considération les autres discriminations que peuvent subir les étudiant.e.s : discriminations et stigmatisation liées à au genre, à l’appartenance ethnique et / ou religieuse, au milieu social, à un handicap. C’est pourquoi nous prenons part à des luttes et nous encourageons la prise de conscience des étudiant.e.s LGBTQI+ à ces problématiques. 

Identités asiatiques LGBTQ+

La communauté LGBTQ+ est composée de personnes qui viennent de milieux très différents ! Les communautés asiatiques sont peu visibles et identifiées au sein de la communauté LGBTQ+.
Le Caélif a donc décidé de récolter des témoignages de concerné.e.s, pour donner une voix aux personnes se considérant asiatiques et LGBTQ+.

Communiqués

Le militantisme LGBTQI+ ne peut s’exercer sans prendre conscience des autres discriminations vécues par certaines catégories de personnes appartenant à la communauté LGBTQI+, commes les femmes et les personnes racisées. 

 

17/05/2021 - IDAHOBIT 2021

En cette journée internationale de lutte contre les LGBTQIphobies (IDAHOBIT en anglais), nous rappelons que la quasi totalité des jeunes LGBTQI+ sont toujours victimes de discriminations et d’actes LGBTQIphobes dans leur vie quotidienne, que ce soit dans leur cercle familial, social, dans l’espace public ou dans l’enseignement supérieur

Selon les chiffres officiels, 60% des victimes de LGBTQIphobies sont âgés de moins de 35 ans. Il est donc primordial, pour nous Caélif, avec nos 19 associations membres, de lutter pour une meilleure inclusion de toustes dans toutes nos actions et campagnes, c’est le sens du message de notre Présidente, Ophélie ADOLLE dans une vidéo publiée ce jour sur nos réseaux sociaux.

C’est le sens du travail engagé par notre pôle corporate, aux côtés de l’Autre Cercle et de la FAGE, qui a oeuvré à la rédaction de la charte d’engagement LGBT+ de l’enseignement supérieur encourageant les établissements à prendre des engagements concrets envers les étudiant·e·s, le corps enseignant et le personnel, pour garantir un environnement bienveillant et inclusif, exempt de LGBTQIphobies. 

C’est également le travail quotidien du pôle formations : en plus de formations et de sensibilisations de jeunes en service civique, de bénévoles de l’association Night Line, nous avons construit un parcours de formations avec l’ensemble des CROUS du territoire métropolitain. Nous avons formé l’ensemble de leurs référent.e.s Égalité à une meilleure inclusion des jeunes LGBTQI+ dans leurs politiques et dans leur vie quotidienne. Au travers d’ateliers de travail, nous avons progressivement construit un guide de bonnes pratiques pour l’accueil et l’accompagnement des jeunes LGBTQI+, pour des démarches administratives non genrées et inclusives pour toustes, et nous avons également travaillé sur la distribution des protections hygiéniques pour toutes les personnes menstruées. Nous rappelons ici que toutes les personnes menstruées ne sont pas forcément des femmes, et que toutes les femmes ne sont pas menstruées. Ces formations vont se poursuivre dans les mois qui viennent avec la formation des personnels du CROUS, ainsi que des étudiant.e.s référent.e.s.

Dans la lignée du #MeTooInceste, du #MeTooGay et du mouvement #sciencesporcs, nous souhaitons particulièrement insister cette année sur la question de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur. Ces violences concernent l’ensemble des milieux sociaux, culturels, politiques. Notre communauté n’est pas épargnée – et parce que nous continuons à être invisibilisé.e.s parce que queer, les violences sexistes et sexuelles au sein de notre communauté le sont également. Ces violences doivent cesser. Pour que la parole des victimes puisse se libérer, l’écoute de toustes doit être renforcée ; encore trop de membres de notre communauté ne sont pas suffisamment à l’écoute de la parole des victimes, voire minimisent les violences vécues. Il est important qu’une prise de conscience collective surgisse et que chacun.e s’engage dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Cela passe par des formations spécifiques que le Caélif propose par l’intermédiaire de notre pôle formations. Cela passe également par des engagements concrets. Nous appelons toutes les personnes en lien avec des établissements d’enseignement supérieur à se rapprocher du Caélif pour accompagner les établissements à signer la Charte d’Engagement LGBT+ de l’enseignement supérieur.

La lutte contre les LGBTQIphobies passe également par une avancée de nos droits. Maintes fois repoussée, nous nous réjouissons que le projet de loi sur l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et femmes seules revienne enfin à l’Assemblée Nationale le 9 juin. Nous restons prudent.e.s et seront bien évidemment vigilant.e.s sur les débats et les votes. Nous rappelons notre demande à ce que la PMA soit ouverte à toustes, et pas seulement aux femmes cisgenres. Au-delà du vote de cette loi, c’est l’avenir des familles queer dont il s’agit, et c’est l’ensemble de notre communauté est concernée. 

Le combat continue. 

08/03/2021 - Journée internationale des droits des femmes

Cette journée du 8 mars est l’occasion une fois de plus pour le Caélif de réitérer son positionnement en tant qu’association féministe. Nous revendiquons un féminisme pro-choix, inclusif, et qui sache faire de nos différences une richesse pour le mouvement.

Nous tenons d’abord à rappeler la nécessité du féminisme dans son ensemble, car aujourd’hui la majorité des postes de pouvoir – qu’il soit politique, social ou économique – sont toujours occupés par des hommes en France ; et ce malgré l’introduction de lois sur la parité. Ce simple fait illustre bien qu’il existait et existe toujours un système patriarcal puissant, qui sait se servir de son propre pouvoir pour maintenir les inégalités.

En tant qu’association LGBT+, force nous est de constater que tous nos membres sont affecté.e.s dans leur vie quotidienne, directement ou indirectement, par le sexisme et la misogynie. Cela inclut bien évidemment les discriminations et les violences qui sont vécues par celles d’entre nous qui sont lesbiennes ou bisexuelles ; mais également par tous.tes celleux qui osent déroger aux normes (binaires) de genre – qu’il s’agisse de nos apparences, de nos goûts, de nos identités, de nos choix ou non-choix de partenaires.

Nous nous opposons donc à la persistance du sexisme au sein du mouvement LGBT+, et nous appelons la communauté LGBT+ à questionner ses logiques internes. Être lesbienne, gay, bi.e ou trans ne saurait justifier certains comportements. Nous avons tous.tes grandi dans des sociétés globalement sexistes, et il est nécessaire d’interroger les traces que cette éducation a pu laisser. Le mouvement LGBT+ doit beaucoup à la manière dont le féminisme a questionné les normes de genre ; et l’exclusion des femmes, des personnes trans et non binaires et des hommes ne correspondant pas aux stéréotypes de genre, ne saurait être toléré.

D’autre part, nous ne croyons pas en un « féminisme » qui rejetterait les femmes trans. Quel mouvement progressiste et égalitaire se positionnerait-il contre une partie des femmes pour ce qu’elles sont ? Et comment refuser de voir que les violences auxquelles les femmes trans sont confrontées résultent de leur position en tant que femmes, et en tant que trans ? Nous nous souvenons de Vanesa Campos et de Jessyca Sarmiento, et de toutes ces autres assassinées car femmes et trans. Les féministes d’aujourd’hui et de demain ont pour devoir de se positionner à leurs côtés, et de lutter avec elles ; ce au lieu de se rallier aux discours de l’extrême-droite comme une minorité l’a fait.  

Enfin, nous pensons aussi qu’il est important de reconnaître la diversité des expériences vécues par les femmes, car nombreuses sont celles qui ne sont pas discriminées seulement en tant que femmes, mais aussi sur la base de leurs appartenance réelle ou perçue à un autre groupe. Ces femmes sont donc confrontées à un double-fardeau : celui du cumul des discriminations (les effets de celles-ci n’étant pas uniquement additifs) et celui de se voir souvent sous-représentées, questionnées lorsqu’elles s’organisent entre elles, leurs voix étant mise en sourdine au sein de mouvements de lutte pour le progrès tel que le féminisme.

Fort.e.s de la diversité de nos expériences et de nos vécus en tant que personnes LGBT+, l’équipe du Caélif se positionne donc en tant qu’association résolument féministe, affirme sa solidarité avec les associations féministes, et s’engage à adopter cette perspective au sein de ses événements futurs. 

05/06/2021 - Pour un militantisme LGBT+ anti-raciste

Dans ce contexte de protestations anti-racistes aux Etats-Unis, en France et en Angleterre, il est d’autant plus essentiel d’apporter son soutien aux personnes racisées et de condamner fermement le système structurellement raciste dans lequel nous vivons, que ce soit aux Etats-Unis, ou en France

Depuis plus d’une semaine, les Etats-Unis connaissent par des mouvements protestataires #BlackLivesMatter, suite au meurtre de George Floyd, un homme noir de 26 ans, par le policier déjà accusé “d’abus” 18 fois. La vidéo de son meurtre a été largement partagé sur les réseaux sociaux, causant cette vague de d’indignation. Cet énième meurtre met en lumière, aussi bien pour les états-unien·ne.s que pour les citoyen.ne.s d’autres pays, le racisme institutionnel et structurel aux Etats-Unis, qui est présent dans toutes les sphères de la société, mais se manifeste d’autant plus violemment les agissements souvent impunis de la police. Si ce meurtre a créé une vague d’indignation en France, il ne faut pas oublier que la France est également un pays structurellement raciste, où de nombreux agressions racistes restent impunies. 

Au meurtre violent de George Floyd, s’ajoutent de nombreux autres, comme celui de Breonna Taylor, tuée chez elle et dans son sommeil par des policiers s’étant trompés de maison, mais aussi celui de Tony McDade, tué par balle à Tallahassee (Floride) le 27 mai. Tony McDade était un homme noir transgenre, et son meurtre par des policiers est symptomatique d’une société américaine où les agressions transphobes touchent proportionnellement plus les personnes trans racisées que les personnes trans blanches. Il y a un jour, Iyanna Dior, une femme trans noire, a été attaquée par une trentaine d’hommes lors des protestations #BlackLivesMatters, à Minneapolis. Il est essentiel d’insister sur le fait toutes les vies noires comptent. De nombreuses associations, collectifs et groupes ont déjà tiré la sonnette d’alarme aux Etats-Unis, pour alerter sur la violence “épidémique” subies par les femmes trans, et plus particulièrement les femmes trans noires. selon Tori Cooper, HRC Director of Community Engagement for the Transgender Justice Initiative,  « Les personnes noires, les personnes LGBTQ, et surtout toutes les personnes LGBTQ de couleur sont chaque jour plus exposées à la violence dans ce pays ». Pour donner quelques chiffres, aux Etats-Unis de 2010 à 2016, parmi 69 homicides de personnes transgenres, 49 des victimes étaient des femmes noires. 

En 2019, Human Rights Campaign fait état de 26 homicides de personnes trans, dont 91% étaient des femmes noires trans. Ces chiffres montrent donc que les agressions transphobes et racistes sont systémiques, et de la nécessité de lutter contre le racisme et les LGBTphobies.

Le militantisme LGBTQIA+ a donc un rôle à jouer dans ces luttes : il est nécessaire de porter un militantisme intersectionnel ou, a minima, anti-raciste. Trop souvent, les espaces LGBT+ ne sont pas inclusifs, et laissent place à une exotisation et à un rejet des personnes racisées LGBT+. En 2016, selon une enquête du magazine anglais The Fact Site, 100% des hommes gays arabes ont été victimes de racisme au sein de la communauté LGBT+, 70% des hommes noirs gays, et 81% des personnes originaires d’Asie du Sud. Le racisme structurel de Grindr, l’application pour les rencontres entre hommes gays la plus téléchargée, en est un autre exemple. Avec le filtre blanc, noir, latino, asiatiques, les users peuvent choisir les profils en fonction de ce profilage racial, très souvent en défaveur des personnes racisées, et il faudra attendre la prochaine mise à jour que ce filtre disparaîtra – en raison d’ailleurs du mouvement antiraciste. Ce racisme latent est exposé et dénoncé par le journaliste Miguel Shema, dans son compte instagram Personnes Racisées Vs Grindr (@pracisees_vs_grindr).

Alors, comment changer les choses ? Il faut se mobiliser et être actif.ve.s. Pour les militant·e·s non racisé·e·s, il faut prendre conscience des privilèges qui entourent votre couleur de peau. Etre blanc.he.s ne signifie pas que votre vie n’a pas été difficile (problèmes de santé mentale, handicap, maladies, expression de genre, identité de genre, orientation seuxelle, milieu, environnement familial, etc.) , mais cela signifie que ces difficultés, quelles qu’elles soient, n’ont pas été causées par la couleur de votre peau. Que faire donc quand on est une personne blanche, et qu’on veut participer aux mouvements anti-racistes et porter un militantisme intersectionnel ? 

  1. Ecouter. Le plus important, c’est d’écouter ce que les personnes racisées disent. Il est très important de prendre en compte leur expérience et leur vécu, et de les croire
  2. Se renseigner. Vous pouvez demander aux personnes concernées leur ressenti, mais il faut être attentif.ve.s à ne pas rajouter de charge mentale. De nombreuses ressources sont accessibles sur internet (livres, podcast, comptes instagram militants), et permettent de s’éduquer. 
  3. Faire entendre sa voix. Il faut se positionner comme allié.e.s, et tenir ces positions. Et si possible, utiliser toutes les plateformes à votre disposition pour sensibiliser à ces problématiques. 
  4. Se mobiliser. La mobilisation peut prendre plusieurs formes, en fonction des ressources de chacun.e (temps, argent, charge mentale, etc.). 
  • Si vous avez du temps et que votre état de santé le permet, vous pouvez aller à des manifestations. 
  • Si vous avez de l’argent, vous pouvez faire des dons à des collectifs anti-racistes et à des organisations de terrain. 
  • Vous pouvez signer des pétitions gratuites, cela ne prend ni de temps ni d’argent. 

Le Caélif, et les association membres du Caélif, réaffirmons la nécessité de porter un militantisme LGBT+ non-raciste, intersectionnel, et inclusif.ve.s de toustes. Nous communiquons également notre soutien et notre mobilisation face aux violences policières et aux discriminations systémiques vécues par les personnes racisées. 

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