Chères candidates, chers candidats,

À l’aube de l’élection présidentielle, moment charnière de la vie politique de notre pays, il est impératif que vous vous saisissiez des enjeux concernant les étudiant·e·s LGBT+.
Le Collectif des associations étudiantes LGBT+ d’Île-de-France (CAÉLIF) est une association loi 1901 qui rassemble les associations étudiantes LGBT+ des établissements d’enseignement supérieur d’Île-de-France depuis 2001. Les difficultés rencontrées à l’échelle régionale n’étant que le reflet d’une réalité nationale, les propositions que nous vous soumettons ont vocation à s’appliquer au plan national.

Nous déplorons l’absence de visibilité des thématiques LGBT+ dans le débat public en général, et plus spécifiquement celles relatives aux étudiant·e·s.

Nous vous appelons à prendre conscience de la nécessité d’agir sur ces questions.

Si la précarité étudiante est un sujet majeur, il ne saurait être l’unique axe des politiques publiques à destination de la jeunesse. Cette élection est l’occasion de mobiliser les jeunes. Par delà les questions LGBT+, nous voulons rendre l’enseignement supérieur inclusif pour toutes et tous. Le CAÉLIF s’engage contre toutes formes d’exclusion et de discrimination, notamment le racisme, le sexisme, le validisme

Le collectif propose des mesures concrètes que nous vous invitons à mettre en œuvre si vous veniez à être élu·e président·e de la République. Ces actions s’articulent autour de trois grands axes : l’accès aux droits, la formation et la sensibilisation, et le soutien et l’accompagnement des étudiant·e·s LGBT+.

Chères candidates, chers candidats, engagez-vous en faveur d’une société plus inclusive. Engagez-vous en faveur d’une société plus égalitaire. Engagez-vous pour une société plus juste.

VOLET 1 : ACCÈS AUX DROITS

Proposition n°1 : Améliorer la publicité des dispositifs existants en matière de lutte contre les discriminations

A titre d’exemple, il s’agirait de rendre obligatoire l’affichage du numéro 3114 pour la prévention du suicide, un phénomène qui touche particulièrement les jeunes LGBT+.

Proposition n°2 : Généraliser les toilettes non genrées

Cette mesure vise à permettre la réelle inclusion de chacun.e et contribue à faire de l’université un lieu sûr pour tou·te·s.

Proposition n° 3 : Systématiser la possibilité d’utiliser son prénom d’usage

Le prénom fait partie de l’identité de chacun·e. Se voir nier la possibilité d’être reconnu·e par le prénom d’usage engendre de réelles souffrances psychologiques.

Cette mesure est simple à mettre en œuvre et n’engendre pas de coûts particuliers. L’université devrait proposer l’édition d’un exemplaire supplémentaire de certains documents, qui comporterait le prénom d’usage, notamment le diplôme. 

VOLET 2 : FORMATION ET SENSIBILISATION

Proposition n°1 : Renforcer la formation du personnel universitaire aux questions LGBT+ 

Afin de contribuer à ce que l’université soit un lieu inclusif, il est nécessaire que le personnel universitaire, au contact des étudiant·e·s, et notamment le personnel des services de santé universitaires, soit formé et renseigné sur les questions LGBT+.

Proposition n°2 : Institutionnaliser les journées de sensibilisation et de prévention

Nous souhaitons l’institutionnalisation des événements permettant la sensibilisation du public aux thématiques LGBT+, à l’instar de la journée mondiale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie ainsi que la journée de visibilité transgenre.

Proposition n°3 : Généraliser l’accès gratuit aux protections périodiques et aux préservatifs 

Il faut lever les dernières barrières à un libre accès aux protections périodiques et aux préservatifs externes et internes. Cet accès simplifié doit permettre de s’extraire d’une prescription médicale obligatoire, parfois compliquée à obtenir et aujourd’hui limitée aux préservatifs externes, une discrimination qui n’a pas lieu d’être.

VOLET 3 : SOUTENIR ET ACCOMPAGNER LES ETUDIANT.E.S LGBT+ ET LEURS ORGANISATIONS

Proposition n°1 : Défamiliariser le calcul des bourses

Les étudiant·e·s LGBT+ font souvent face à des conflits intrafamiliaux en raison de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, la prise en compte des revenus de leur famille n’est pas, dans cette optique, pertinente pour l’attribution des bourses. Il est primordial que ces étudiant·e·s puissent étudier dans des conditions dignes sans être à la merci financière de leur famille.

Proposition n°2 : Instaurer un Comité consultatif des associations étudiantes LGBT+

Il s’agit d’un lieu de rencontres régulières entre les associations étudiantes LGBT+ d’une part et les représentants du ministère de l’Enseignement supérieur d’autre part, permettant ainsi de faire remonter au jour le jour les difficultés rencontrées par les étudiant·e·s LGBT+. 

Proposition n°3 : Instaurer un outil statistique national

Le CAÉLIF souhaite la mise en place d’un outil national afin de répertorier et cartographier les LGBTphobies au sein des universités françaises. En s’appuyant notamment sur la transparence dont doivent faire preuve les universités. En plus de rendre accessible les statistiques administratives sur le sujet, il serait souhaitable de mener des enquêtes de victimation sur toutes les violences à l’université notamment celles en lien avec les LGBTphobies.